Louis XIV(14), appelé aussi « le Roi- Soleil » est considéré comme le plus grand roi de France au 17ème siècle : il a créé Versailles, il a  encouragé la littérature, développé le pays mais il a aussi engagé la France  dans plusieurs guerres. C’est pourquoi Fénelon a écrit cette …

 

                                                                   Lettre au roi Louis XIV.

 

   Vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et les campagnes se dépeuplent; tous les métiers languissent1 et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes2 au dehors. Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l'aumône3 et le nourrir.

 

    La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provisions. Voilà ce grand royaume si florissant sous un Roi qu'on nous dépeint tous les jours comme les délices du peuple, et qui le serait en effet si les conseils flatteurs4 ne l'avaient point empoisonné.

 

   Le peuple même (il faut tout dire), qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance et même le respect. Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus ; il est plein d'aigreur et de désespoir. La sédition5 s'allume peu à peu de toutes parts. Ils croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire. « Si le Roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? » Quelle réponse à cela, Sire ?...

 

    Mais, pendant qu'ils manquent de pain, vous manquez vous-même d'argent, et ne voulez pas voir l'extrémité où vous êtes réduit. Parce que vous avez toujours été heureux, vous ne pouvez vous imaginer que vous cessiez jamais de l'être. Vous craignez d'ouvrir les yeux; vous craignez qu'on ne les ouvre; vous craignez d'être réduit à rabattre quelque chose de votre gloire. Cette gloire, qui endurcit votre cœur, vous est plus chère que la justice, que votre propre repos, que la conservation de vos peuples, qui périssent tous les jours des maladies causées par la famine …

                                                                                                                   

                                                                                             Fénelon  Lettre au Roi 1694.

 

1.  Donnent une faible production. 2. Des victoires sans intérêt. 3. Demander l’aide des autres. 4. Éloges trompeurs. 5. La révolte.

 

Compréhension.

 

1.  Fénelon a écrit cette lettre au roi Louis XIV pour attirer son attention sur certaines de ces erreurs que vous trouverez notamment dans le premier et le dernier paragraphe : Relevez deux de ces erreurs. 2 points

 

2. Fénelon veut aussi que le roi soit conscient de la révolte du peuple : indiquez d’après le troisième paragraphe deux causes de cette révolte du peuple ?                                                                          2 points                                 

 

3. Toujours en évoquant ce peuple au début du premier et du troisième paragraphe, Fénelon a employé deux procédés d’écriture différents : Quels sont ces deux procédés ? Quel effet veut – il obtenir chez le roi par l’emploi de chacun des deux procédés ?                                                                                  3 points

 

 

Langue.

 

1.   Donnez un synonyme et un antonyme du mot tracé dans cette expression du texte « … qui causent la guerre ? »                                                                                                                                        1 point

 

2. À quel mode personnel est conjugué chacun des deux verbes tracés dans le texte. Justifiez l’emploi de chacun des deux modes.                                                                                                                 2 points

 

 

Essai.

 

   Certains ( Comme le roi Louis XIV) jugent que les guerres sont utiles. D’autres ( comme Fénelon ) voient qu’elles sont plutôt inutiles. Lequel des deux points de vue vous paraît plus juste ? Appuyez votre opinion par des arguments et des exemples précis.    

 

                                                                                                                                                       10 points

 

Correction du devoir.

 

                                                                   Lettre au roi Louis XIV.

 

   Vos peuples, que vous devriez aimer comme vos enfants, et qui ont été jusqu'ici si passionnés pour vous, meurent de faim. La culture des terres est presque abandonnée ; les villes et les campagnes se dépeuplent; tous les métiers languissent1 et ne nourrissent plus les ouvriers. Tout commerce est anéanti. Par conséquent vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes2 au dehors. Au lieu de tirer de l'argent de ce pauvre peuple, il faudrait lui faire l'aumône3 et le nourrir.

 

    La France entière n'est plus qu'un grand hôpital désolé et sans provisions. Voilà ce grand royaume si florissant sous un Roi qu'on nous dépeint tous les jours comme les délices du peuple, et qui le serait en effet si les conseils flatteurs4 ne l'avaient point empoisonné.

 

   Le peuple même (il faut tout dire), qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous, commence à perdre l'amitié, la confiance et même le respect. Vos victoires et vos conquêtes ne le réjouissent plus ; il est plein d'aigreur et de désespoir. La sédition5 s'allume peu à peu de toutes parts. Ils croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire. « Si le Roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? » Quelle réponse à cela, Sire ?...

 

    Mais, pendant qu'ils manquent de pain, vous manquez vous-même d'argent, et ne voulez pas voir l'extrémité où vous êtes réduit. Parce que vous avez toujours été heureux, vous ne pouvez vous imaginer que vous cessiez jamais de l'être. Vous craignez d'ouvrir les yeux; vous craignez qu'on ne les ouvre; vous craignez d'être réduit à rabattre quelque chose de votre gloire. Cette gloire, qui endurcit votre cœur, vous est plus chère que la justice, que votre propre repos, que la conservation de vos peuples, qui périssent tous les jours des maladies causées par la famine …

                                                                                                                  

                                                                                             Fénelon  Lettre au Roi 1694.

 

1.  Donnent une faible production. 2. Des victoires sans intérêt. 3. Demander l’aide des autres. 4. Éloges trompeurs. 5. La révolte.

 

Compréhension.

 

1.  Sous le règne de Louis XIV la France a connu la prospérité, la civilisation et la gloire. Mais la situation économique s’est détériorée à cause des dépenses dans les guerres engagées aux frontières et les inutiles et «  vaines conquêtes » à l’extérieur ont affaibli économiquement le pays à l’intérieur et ont paralysé les forces productives. C’est pourquoi Fénelon lui dit : « vous avez détruit la moitié des forces réelles du dedans de votre État, pour faire et pour défendre de vaines conquêtes au dehors ». D’autre part, le « Roi-Soleil » ne veut pas voir la réalité en face de peur de diminuer ou perdre cette gloire qui lui a endurcit le cœur de façon qu’il la préfère à la justice, à la conservation de ses peuples qui  « qui périssent tous les jours des maladies causées par la famine … »

 

 

2. Suite à cette situation qui ne cesse de s’empirer, le peuple qui l’a aimé dans le passé commence à se remuer à cause de la faim et de la misère qui sévissent dans le pays. Pire même, il se révolte en découvrant l’égoïsme de son roi et son insensibilité à sa souffrance : « Ils croient que vous n'avez aucune pitié de leurs maux, que vous n'aimez que votre autorité et votre gloire…. Si le Roi, dit-on, avait un cœur de père pour son peuple, ne mettrait-il pas plutôt sa gloire à leur donner du pain et à les faire respirer après tant de maux, qu'à garder quelques places de la frontière, qui causent la guerre ? »

 

3. En parlant de ce peuple, Fénelon a employé le procédé de la comparaison pour rappeler au roi Louis XIV son rôle de père auprès de « ses enfants », c’est – à – dire les différentes classes, les différentes variétés de la société. Ce procédé est utilisé pour  lui rappeler son premier devoir de « père » : nourrir ses enfants au lieu de les affamer ; et son second devoir de père : les protéger au lieu de les envoyer à la mort (dans les guerres qu’il engage). Aussi, l’auteur a recours à l’hyperbole en décrivant les sentiments de ce peuple pour son roi « Le peuple même (il faut tout dire), qui vous a tant aimé, qui a eu tant de confiance en vous ». Fénelon use de ce procédé pour que le roi se souvienne de la règle morale : il n’est pas bon de faire souffrir ou faire mourir ceux qui l’aiment ». Cela l’amènera peut – être à cesser les guerres aux frontières.

 

Langue.

 

1.   guerre = conflit armé ≠ paix.                                                                                                                                     

 

2.  «  devriez » : le conditionnel modal. Il s’agit d’être poli avec le roi en atténuant l’obligation exprimée par le verbe devoir.

 

    «  cessiez » : le verbe est conjugué au mode subjonctif car le fait est envisagé, considéré comme possible.

 

Essai.

  Il s’agit d’analyser ensemble le sujet. On cherche par la suite les idées. Enfin, on discute et on corrige l’essai d’un élève.

 

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