Le narrateur est allé visiter sa sœur Adelaïde qui termine son éducation dans un couvent ( une sorte d’internat) avec son père : Le baron de Faublas ( appelé dans le texte :  « le baron »), c’est là  sa pre- mière rencontre avec Sophie, c’est là son…

                                                         Premier amour.

   Je voulus avancer, parler, saluer ; je restai le regard fixe, la bouche ouverte, les bras pen­dants. Mon père s'aperçut de mon trouble et s'en amusa : « Du moins, vous saluerez, me dit-il. » Mon trouble s'augmenta ; je fis la révérence1 la plus gauche. « Mademoiselle, poursuivit le baron, je vous assure que ce jeune homme a eu un maître à danser. » Je fus tout à fait déconcerté2. Le baron fit à Sophie un compliment flatteur ; elle y répondit modestement, et d'une voix altérée qui retentit jusqu'à mon cœur. J'ouvrais de grands yeux étonnés, je prêtais une oreille attentive ; ma langue embarrassée demeurait toujours suspendue3. Mon père, avant de sortir, embrassa sa fille, et salua mademoiselle de Pontis. Moi, dans un transport involontaire, je saluai ma sœur, et j'allais embrasser Sophie. La vieille gouvernante de cette demoiselle, conservant plus de présence d'esprit que moi, m'avertit de ma méprise4 ; le baron me regarda d'un air étonné, le front de Sophie se couvrit d'une aimable rougeur, et pourtant un léger sourire effleura ses lèvres de rose.

 

   Nous revînmes chez M. du Portail ; on se mit à table ; je mangeai comme un amoureux de quinze ans, c'est - à- dire vite et longtemps. Après dîner je prétextai une indisposition5 légère, et je me retirai dans mon appartement. Là, je me rappelai librement Sophie et tous ses charmes. Que de grâces ! Que de beautés !  me disais-je : sa charmante figure est pleine d’esprit, et son esprit, j’en suis sûr, répond à sa figure. Ses grands yeux noirs m’ont inspiré je ne sais quoi … c’est de l’amour sans doute. Ah ! Sophie, c’est de l’amour, et pour la vie.

 

                                                                    Louvet de Couvray . Une Année de la vie de Faublas, 1787.

 

1. Il s’incline pour saluer. 2. Troublé, perturbé. 3. Il n’arrivait pas à parler. 4. Erreur, malentendu 5. Il a dit qu’il ne sentait pas bien pour pouvoir s’isoler dans sa chambre.

 

 

Compréhension.

 

1.  Relevez dans le texte au moins deux indices qui montrent que le narrateur a le coup de foudre  pour Sophie  ( L’amour dès le premier regard ).                                                                                      2 points

 

2.  Qu’est- ce qui montre dans le premier paragraphe que Sophie elle – même est victime du coup de foudre amoureux ?                                                                                                                            2 points.

 

3. Certains comportements du narrateur sont amusants : relevez - en au moins deux dans le texte et expliquez pourquoi cela fait rire.                                                                                                     3 points                                                                                                                                     

 

Langue.

 

1.  Quel(s) sentiment(s) du narrateur traduisent ces deux phrases exclamatives à la fin du texte : «  Que de grâces ! Que de beautés ! » ?                                                                                                           1 point

( Les grâces = la beauté, la finesse.)

 

2.  Nous constatons à la fin du texte l’emploi du discours par le narrateur :

 

a.  Qu’est – ce qui distingue ce discours du récit ?

 

b. Expliquez à quoi sert ce discours à la fin du texte.                                                                  2 points

 

 

 

Essai.

 

   Denis Diderot a dit :  « L’amour ôte l’esprit à ceux qui en ont. » Pensez – vous comme lui que les gens deviennent déraisonnables lorsqu’ils sont amoureux ? Appuyez votre point de vue par des arguments et des exemples.

                                                                                                                                                      10 points

 

(ôte = enlève, fait perdre)

 

 

 

Correction du devoir.

 

Compréhension.

 

1.  Les indices qui montrent que le narrateur a le coup de foudre pour Sophie sont : D’abord, il y a certaines attitudes qui montraient qu’il était hébété, très gêné, troublé en la voyant pou la première fois : « je restai le regard fixe, la bouche ouverte, les bras pen­dants » Ensuite, son geste très maladroit en saluant alors que son maître à danser le lui a bien appris : « je fis la révérence la plus gauche » et allant allant embrasser Sophie au lieu de la saluer : « je saluai ma sœur, et j'allais embrasser Sophie ». Enfin, il avoue lui – même cet amour en disant « c’est de l’amour sans doute. Ah ! Sophie, c’est de l’amour, et pour la vie. »

 

2. D’ailleurs, Sophie est elle – même victime du coup de foudre amoureux puisqu’elle avait la «  voix altérée », ce qui montre son trouble, son visage rougit lorsqu’il l’a embrassée et un léger sourire encourageant montrait qu’elle ne le refusait guère.

 

3. Parmi les comportement amusants du narrateur on peut citer sa révérence très gauche qui montrait qu’il avait oublié tout ce que le maître à danser lui a appris, il donnait une mauvaise opinion de lui alors qu’il veut plaire. Aussi, il y a la méprise qui montre qu’il a oublié qui était sa sœur, qu’il était complètement déboussolé.

 

Langue.

 

1.  Les deux phrases exclamatives traduisent les sentiments d’admiration, d’émerveillement,  d’éblouissement, d’enthousiasme …

 

2.  Ce qui distingue le discours, c’est la présence de la phrase incise : « me disais-je » ; l’emploi du présent qui correspond au moment de la parole et les exclamations.

 

Ce discours à la fin du texte permet de découvrir ce que le personnage ce que pense et ressent le personnage et par là connaître le principal évènement du texte : la découverte du narrateur de son amour pour Sophie. Aussi, on peut dire que ce discours nous fait le revivre comme présente sous nos yeux la scène intérieure qui se passe dans sa tête.

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