Fadhma Amrouch et son frère sont exclus de la société  parce que leur mère les a mis au monde,  avant mariage. Leur père les a délaissé et n’a pas voulu les reconnaître car il s’est marié à une fille d’une famille importante.

 

                            Souvenirs d’une enfant rejetée par son entourage.

  Le monde est méchant, et c'est « l'enfant de la Faute » qui devient le martyr1 de la société, surtout en Kabylie2. Que de coups, que de bousculades, que de souffrances n'ai-je pas subis ! Il arrivait, lorsque je sortais dans la rue, que je sois renversée et  piétinée .

 La première image que j'ai devant les yeux est celle d'une journée d'été, d'un soleil de plomb sur une route poudreuse et très en pente ; je vois un garçonnet d'une dizaine d'années chassant devant lui des bêtes, puis une enfant, presque un bébé, blanc et rose, les cheveux blonds et bouclés, qui court en criant « d'hada ! d'hada »  — mon grand frère ! mon grand frère ! Puis ce fut le silence.

  Aussitôt vient une autre image : celle d'une maison dont la porte ouverte fait rentrer une nappe de soleil ; dans ce soleil, une femme est penchée sur un corps d'enfant nu, couvert de dards3 de cactus ; des larmes chaudes tombent sur le corps meurtri, pendant que la femme tire une à une les épines du corps de l'enfant.

  J'ai su plus tard que cet enfant c'était moi : j’avais suivi mon frère qui menait les boeufs à l'abreuvoir, et  un méchant garçon m'avait poussée dans la haie de figuiers de barbarie4. Ma mère prit peur. Que devait-elle faire de moi ? Comment me préserver5 de le mé­chanceté des hommes ? Elle ne pouvait pas toujours m'enfermer, or, si je sortais de la maison elle craignait que, quelqu'un ne me tue et que la faute ne retombe sur elle aux yeux de la justice.

 

                                                                                                                Fadhma Amrouche. Histoire de ma vie. 1968

 

1.  La victime. 2. Région à l’est d’Alger. 3. Épines.  4. Cactus qu’on trouve dans nos campagnes. 5. Sauver.

 

Compréhension.

1.  Pourquoi, dans le premier paragraphe, la narratrice  critique – t – elle la société Kabyle où elle avait vécu ? Quel procédé d’écriture a – t – elle employé pour exagèrer le mal qu’elle a subi dans cette société ?                                                                                                 2 points                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                            

2. Dans le deuxième et troisième paragraphe, elle se souvient (en deux images) d’un évènement qui a marqué sa vie : Quel est cet évènement ? Pourquoi emploie – t – elle le présent pour le raconter ?                                                                                                              3 points 

 

3. D’après le dernier paragraphe, quels sentiments avait la mère à la suite ce qui est arrivé à sa petite fille ?                                   2 points     

Langue.

1.  La narratrice se rappelle  son enfance.

Réécrivez la phrase en remplaçant le verbe tracé par un synonyme puis par un antonyme.                                                             1 point

2.  Voici deux questions qui figurent dans le dernier paragraphe du texte :

Que devait-elle faire de moi ? Comment me préserver  de le mé­chanceté des hommes ?

a.   Comment était la mère d’après ces  deux questions ? ( Décrivez son état )

b.   Transposez - les au discours direct en commençant  votre réponse par : 

  Ma mère se demandait ………………………………………………………………                                                              2 points

 

Essai.

  On affirme souvent que les meilleurs souvenirs d’une personne sont ceux de son enfance. Êtes – vous d’accord avec cette affirmation ? Appuyez votre point de vue par des arguments et des exemples.

                                                                                                                                                                                                  10 points

 

Correction du devoir.

Compréhension.

1.  Dans le premier paragraphe, la narratrice critique la société kabyle où elle a vécu car, sous prétexte qu’elle était « l’enfant de la Faute » , elle a été battue, maltraitée, persécutée, bousculé, «  renversée et piétinée » , elle a beaucoup souffert. Et pour exagérer le mal qu’elle a subi, elle a employé le procédé de l’hyperbole « Que de coups, que de bousculades … » et la métaphore «  « le martyr de la société ».

2.  L’évènement dont elle se souvient et qui a marqué sa vie, c’est sa mère qui coulait de chaudes larmes en lui enlevant les épines de cactus à la suite du méfait du méchant garçon qui l’a poussée dans la haie de figuiers de Barbarie lorsqu’elle était en compagnie de son grand frère qui conduisait les bêtes.

3. La mère éprouvait de la peur, de la crainte à la suite de ce qui est arrivé à sa petite fille.

 

Langue.

1.  La narratrice se souvient de son enfance / La narratrice oublie son enfance.

2. D’après ces deux questions, la mère était bouleversée, préoccupée par la condition de sa fille, inquiète quant à son avenir …

Ma mère se demandait : « Que dois – je faire de toi ? Comment te préserver de la méchanceté des hommes ? »

 

Essai.

Recherche des idées.

 

Pour

Contre

1. Pour un enfant gâté, choyé qui vit dans un milieu aisé ses meilleurs souvenirs sont ceux de son enfance : cadeaux, voyages, vie confortable…

2. L’enfant est innocent, passe son temps à jouer, avec ses amis, n’est pas préoocupé par les problèmes des adultes : travail, responsabilités …

3. L’univers de l’enfant est magique, féérique, un rien le rend heureux, satisfait …

Les enfants qui vivent les guerres, les catastrophes …

Les enfants qu’on fait travailler et qu’on exploite …

Les enfants qui ont vécu de très mauvaises expériences …

Les enfants de parents divorcés …

Les souvenirs d’enfance de tous ces enfants ne sont pas les meilleurs souvenirs.

 

 

Corriger d'une introduction d’élève.

Celle de Khlif Tahani :

Les souvenirs, ce mirroire qui nous revivre notre vie, ces moments extraordinaires. Certaines personnes affirme souvent que les meilleurs souvenirs d‘une personne sont ceux de son enfances. Cet idée- est – elle vrai ?

 

 

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